Nutrition & Estime de soi
- lisargb
- 18 nov. 2018
- 8 min de lecture
Dans la société actuelle, on accorde énormément d’importance à l’estime de soi et plus particulièrement à l’image que l’on reflète aux autres (avoir des amis, être bien dans son corps…). On se compare sans cesse aux autres, et le développement des réseaux sociaux n’a pas arrangé les choses. Ceux-ci nous partagent des photos de vie idyllique, de corps minces et de femmes/hommes dits « parfaits », auxquels on aimerait ressembler. Ainsi, l’estime de soi évolue régulièrement tout au long de notre vie. On pourrait penser qu’il existe un lien entre notre mode alimentaire et notre façon de nous voir.
Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce qu’il y aurait une incidence entre l’estime de soi et l’alimentation ?
Les changements observés au niveau de notre santé mentale (bien–être, estime de soi…) peuvent contribuer à une alimentation « saine » ou « malsaine ». A l’inverse, notre alimentation influence notre humeur, notre bien-être, notre estime de soi… Il existe donc bien une relation bidirectionnelle entre l’alimentation et la santé mentale. Mais comment cela est-il possible ?
1. Effets de l’alimentation sur l’estime de soi
a) L’estime de soi, kesako ?
L’estime de soi se définit comme la valeur positive qu’un individu se donne ; le résultat entre ses forces et ses faiblesses. William JAMES (psychologue et philosophe américain) l’a défini en 1890, comme le rapport entre nos succès et nos prétentions : plus nous avons de succès, plus notre estime de soi augmente… à condition que nos prétentions ne soient pas trop élevées. D’après Harter (psychologue) l’estime de soi évolue au cours de notre vie, elle n’est pas constante. Certains événements dans notre vie peuvent nous affaiblir, et d’autres au contraire peuvent nous rendre plus forts. Elle se développe dès notre plus jeune âge et se forge à travers les interactions que l’enfant vit avec son entourage, ses parents, ses amis.
L’estime de soi se manifeste à travers la connaissance de soi (connaître ses goûts, ses préférences, ses aptitudes et ses lacunes), le sentiment de compétence dans différentes sphères (reconnaître nos 4 capacités, les tâches que l’on fait correctement, ce que l’on peut apprendre). Elle se traduit également par le sentiment d’identité, l’acceptation de soi (reconnaître en quoi on est unique et différent des autres) ainsi que l’opinion que l’on a de nous-mêmes (l’évaluation de nos qualités et défauts, de nos compétences et lacunes). Il est important de savoir s’affirmer et de se respecter soi même mais aussi avoir le respect des autres.
L’estime de soi, et encore plus la confiance en soi est un élément-clé de la réussite dans la vie. Cependant, celle-ci varie en fonction des personnes : certains en ont beaucoup, d’autres en manquent énormément.
Une bonne estime de soi est le fondement de notre équilibre personnel et social. L’estime de soi est un miroir social, c’est-à-dire qu’elle illustre « la perception de soi construite par l’intériorisation de l’opinion d’autrui à notre égard ».
b) L’alimentation peut-elle améliorer l’estime de soi ?
Les aliments peuvent être aussi bien des ennemis, que de bons alliés dans l’acquisition d’une bonne estime de soi. On a tendance à penser à l’alimentation lorsque l’on veut perdre du poids ou encore être en meilleur santé, mais rarement pour soigner notre esprit. Et pourtant, se nourrir sainement est un élément clé. En effet le rapport entre une alimentation saine et l’estime de soi reste l’apport en énergie. Cette énergie acquise permet d’être plus productif, plus performant, plus optimiste dans la vie quotidienne, ce qui permet de stimuler notre estime de soi. Sans oublier que les vitamines et minéraux, essentiels au bon fonctionnement de notre organisme et importants pour les dents, la peau, les cheveux permettent alors de donner une belle image de soi et d’avoir confiance en soi. Lorsque l’on manque d’énergie on est plus impatient, pessimiste, irritable.
Cette énergie est dictée par notre façon de nous alimenter. En choisissant les aliments que l’on consomme, on peut influencer notre humeur. Ils sont en quelque sorte le carburant de notre corps. Il n’existe pas d’aliments miracles, par contre certains aliments restent à limiter et à éviter (produits industriels, soda, sucre, produits gras, fast-food,…).
Une bonne alimentation contribue énormément à une bonne santé, non pas que physique mais aussi mentale. Attention, une alimentation saine ne veut pas dire une alimentation spécifique à base de légumes, ou de fruits. Manger à sa faim, c’est donner à son corps ce qu’il demande. Il faut être à l’écoute de notre corps et de ses besoins. Manger quand on a faim (ce qui ne veut pas dire manger quand on en a envie), et s’arrêter de manger quand on n’a plus faim. C’est peut-être « simple » dit comme ça, mais finalement on ne prend plus le temps d’écouter notre corps.
Malgré ce que l’on peut croire, il est facile d’adopter une alimentation équilibrée. Avoir une bonne alimentation signifie faire des choix basés sur la qualité d’abord et la quantité ensuite.
A quoi cela sert-il de nous maltraiter « physiologiquement » si nous voulons nous respecter et avoir une belle image de nous ? L’objectif ultime ne serait-il pas de prendre soin de nous, à l’intérieur, psychologiquement avant tout ? Avant de vouloir être beau à l’extérieur : sport, maquillage, style de vêtements… n’oublions pas de prendre soin de nous « à l’intérieur » avec une bonne alimentation saine et équilibrée, qui répond aux besoins de notre organisme.
2) Effets d’une faible estime de soi sur la façon de s’alimenter
a) Faible estime de soi, comment réagit-on face à l’alimentation ?
Lorsque l’on a une faible estime de soi, on ressent souvent un sentiment d’incompétence, de dévalorisation, de difficulté à parler de soi en termes positifs. On a tendance à généraliser les échecs : on a l’impression de ne pas plaire aux autres, de ne pas réussir dans ses études, son métier, on se sent incompris…
Outre les différents facteurs nommés précédemment, le manque de confiance en soi, ou une faible estime de soi a également des conséquences directes sur notre façon de nous nourrir. En effet, des expériences ont démontré qu’une diminution de l’estime de soi entraînait une consommation faible ou à l’inverse excessive d’aliments.
On s’est rendu compte que les personnes ayant un grave problème d’estime de soi ont des problèmes avec leur poids. Cette faible estime de soi entraine certains problèmes de santé mentale, tels que la dépression, le stress, l’anxiété ou autres émotions négatives. Ces problèmes vont pousser les individus à consommer des types ou quantités d’aliments altérant leur santé. Le but est d’essayer de combler ce manque de confiance par la nourriture : on va manger beaucoup. Malheureusement les aliments que l’on va consommer sont le sucre (gâteaux, friandises, chocolat…), le gras (chips, charcuterie, fromage…) ou encore le sel (apéritifs…) : des aliments dits « réconfortants », consommés en très grande quantité. Sur le long terme ce type d’alimentation hyper glucidique ou hyper lipidique, va avoir des conséquences néfastes pour la santé de l’homme : prise de poids, développement de maladies liées à une mauvaise alimentation : maladies cardiovasculaires, hypertension artérielle… Ces conséquences vont générer d’autant plus la perte de l’estime de soi, puisque lorsque l’on mange trop, on peut parfois se sentir mal à l’aise, vis-à-vis de soi (on s’en veut et on aimerait faire machine arrière) mais également vis-à-vis des autres.
Contrairement au premier cas cité, une faible estime de soi peut également engendrer une sousalimentation. L’insatisfaction à l’égard de son corps ou de son poids, une image corporelle altérée par un manque d’estime de soi mène à des restrictions alimentaires draconiennes. Le stress ou autre 7 émotion générées par une faible confiance en soi peut nous couper l’appétit : notre estomac se noue, on n’a pas faim et on a tendance à manger assez peu voir quasiment pas. Les personnes se punissent et privent leur corps, leur organisme. Le fait de se mettre au régime dans le but de perdre du poids peut engendrer de la culpabilité, de l’irritabilité (sentiment d’être privé). Les personnes s’imposent volontairement des privations alimentaires. Nous verrons plus tard que cela amène souvent à la boulimie en présence d’émotions négatives.
Ces deux cas ont un impact dangereux pour la santé et l’organisme, ne résolvant rien concernant le manque de confiance en soi, mais au contraire en le sollicitant.
b) Troubles de l’estime de soi en corrélation avec les troubles du comportement alimentaire
Comme nous l’avons défini précédemment, l’estime de soi consiste au jugement qu’un individu fait de lui-même. Cependant, lorsque cette appréciation de soi-même s’appauvrit, les risques de développer un trouble de l’alimentation et des conduites alimentaires (TACA) augmentent. En effet, des chercheurs ont mis en évidence le fait que les personnes atteintes de TCA (boulimie, anorexie…) ont souvent une faible estime de soi. Cette estime de soi serait une des caractéristiques centrales de la restriction alimentaire.
Les Troubles du Comportement Alimentaire se caractérisent par des perturbations de l’alimentation, ou du comportement liées à l’alimentation. Cela va aboutir à une consommation ou à une absorption altérée de la nourriture, qui va avoir un impact important sur la santé physique et/ou le fonctionnement psychosocial des personnes qui en souffrent. Le manque d’estime de soi et les émotions négatives (dépression, anxiété…) seraient donc un facteur prédicateur des troubles du comportement alimentaire et contribuerait à leur développement. Les troubles les plus connus sont l’anorexie et la boulimie.
Les anorexiques, par exemple, se caractérisent par une peur de prendre du poids accompagnée par un déni de l’image réelle du corps. La personne se voit « grosse » quelque soit son état de maigreur. Cette peur s’accompagne alors d’une restriction volontaire de nourriture, voire, dans des cas extrêmes, d’un refus total de s’alimenter. Cela va entraîner une perte de poids excessive. S’il n’est pas suivi médicalement et traité, ce trouble peut mener au décès. En effet, les personnes souffrant d’anorexie présentent des symptômes de malnutrition (disparition des règles chez la femme, troubles digestifs, léthargie, déficits cognitifs ou dysfonctionnement rénal). Souvent, elles se jugent comme inférieures aux autres, et placent leur image du corps au centre de leurs préoccupations.
Elles estiment que, si elles répondent aux normes de minceur véhiculées par la société, elles seront jugées plus positivement et cela leur permet ainsi d’augmenter leur estime de soi. En ce qui concerne la boulimie, elle se décrit par des accès durant lesquels l’individu mange sans modération (hyperphagie), sans avoir l’impression de contrôler sa façon de manger. Après cet épisode, elle tente de l’annuler par regret et de le compenser en se « purgeant » de la nourriture ingurgitée (s’imposant de vomir). Ces crises réalisées par l’individu permettraient de maintenir son estime de soi et d’avoir le contrôle de ce qu’ils font.
Les TCA comme la boulimie et l’anorexie sont souvent des troubles associés à d’autres troubles de la santé mentale comme par exemple la dépression, les troubles de la personnalité… Ces personnes ont du mal à contenir leur stress, leur anxiété et trouvent dans leur comportement alimentaire un moyen d’y faire face. On y voit là une grande importance au faible poids et à l’image corporelle qui a besoin d’être sans cesse contrôlée : c’est le « culte de la minceur ».
On constate donc que l’apparence physique fait partie des aspects les plus développés lorsque l’on parle d’estime de soi. En effet, une insatisfaction corporelle peut développer une faible estime de soi voire une dépression.
CONCLUSION
Le « culte de la minceur » des sociétés occidentales met le corps de personnes minces voire maigres sur un piédestal, créant un idéal de beauté inaccessible ce qui engendre souvent des troubles du comportement alimentaire. Cependant les mentalités évoluent peu à peu, mais il s’agit de poursuivre ce travail de changement de vision sur « la minceur ». Miser sur l’estime de soi plutôt que l’insatisfaction corporelle serait une bonne alternative. Comme nous l’avons vu précédemment, le fait d’adopter une alimentation équilibrée est une vraie discipline de vie, mais c’est en quelque sorte la base de l’épanouissement personnel. Une bonne estime de soi permet de nous sentir bien dans notre corps et d’avancer plus facilement dans le cours de la vie.
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